Julien Wattez, coordinateur des Ressourceries de Tournai et Froyennes


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Comment êtes-vous arrivé dans le secteur de l’Economie Sociale et Solidaire ?

Mon parcours scolaire a été plutôt chaotique. J’ai suivi un parcours d’insertion classique et obtenu un diplôme de traiteur mais je me suis très vite rendu compte que le métier ne me plaisait pas. Il y a neuf ans, j’ai eu l’opportunité d’intégrer la Ressourcerie. Au début, j’étais affecté au tri des bouquins. Puis, de fil en aiguille, je me suis retrouvé coordinateur.


Coordinateur dans une Ressourcerie, en quoi cela consiste-t-il ?

Une de mes tâches principales est d’assurer le lien entre la direction et les travailleurs. Pour cela, j’aime fonctionner sur le mode de l’intelligence collective. L’info doit passer dans les deux sens. Il est important que les travailleurs soient entendus par la direction et inversément. Une autre de mes fonctions est d’organiser le travail. Dans ce cadre, j’ai beaucoup de contacts avec l’extérieur (CPAS, service des peines alternatives, …). Dans mon travail, je fais volontairement le choix de ne pas avoir un rôle clé. Ce que je veux, c’est donner aux gens une réelle capacité de décision pour leur permettre de prouver ce qu’elles valent.


Quel est le profil des personnes avec lesquelles vous travaillez ?

Les personnes qui arrivent ici ont des profils très différents. Il y a des primo-arrivants diplômés mais dont les titres ne sont pas reconnus, des personnes précarisées, d’autres qui n’ont aucune expérience du milieu du travail. Il nous arrive aussi d’avoir des jeunes qui n’ont jamais rien connu d’autre que l’école et le CPAS. Quel que soit leur profil, le but est toujours de mettre en place avec eux un parcours d’insertion positif. Nous n’offrons aucune garantie de contrat mais tâchons de faire en sorte que leur passage ici soit un tremplin pour l’avenir.

Quelle est, selon vous, la spécificité de l’Economie Sociale et Solidaire par rapport à l’économie traditionnelle ?

Je dirais la valeur humaine qui est au centre des préoccupations. Il faut pouvoir se remettre en question et faire preuve d’une souplesse d’esprit. Au cours de ces dernières années, j’ai également pu constater qu’il y avait une volonté de plus en plus grande de travailler avec le secteur social. Et ça, c’est très bien.